Au-delà des vignes

Situé en bordure de la Dordogne, le Château de La Vieille Chapelle est un vignoble en Bio-Dynamie autour de sa chapelle romane du 11e siècle. Installée depuis 2006, la famille Mallier travaille dans les vignes avec la passion du métier et la volonté de produire des vins éthiques à partir de cépages ancestraux.

Notre itinérance en Grand Libournais se termine à Lugon-et-l’Île-du-Carney, un petite commune située entre Bordeaux et Saint-Émilion. Les paysages vallonnés et les nombreux cours d’eau serpentent sur plusieurs kilomètres un territoire que l’on nomme Fronsadais. Nous suivons la Dordogne qui nous guide jusqu’à notre lieu de rendez-vous : le Château de la Vieille Chapelle. C’est ici que Frédéric et Fabienne ont posé leurs valises en 2006 après avec acquis cette propriété viticole. La concrétisation d’un rêve (avec sa part de difficulté) et d’une quête de sens qu’ils semblent avoir aujourd’hui trouvé.

Une histoire de temps long

Pas grand chose ne prédestinait le couple à devenir viticulteurs. Tous deux ont certes grandi à la campagne et sont devenus au fil du temps de grands amateurs de vin mais ils ne sont ni les héritiers d’un domaine viticole ni diplômés en la matière : « Je sais pas si c’est plus important d’avoir un grand cerveau ou d’être proche de la terre ? », plaisante Frédéric, qui a l’air d’avoir trouvé la réponse. Alors installés en Asie et décidés à poursuivre leur rêve, Frédéric et Fabienne abordent un virage à 180° et cherchent durant 14 longues années le domaine où ils pourraient exprimer leur vision de l’agriculture. Un domaine qu’ils finissent par trouver sous les traits du Château de la Vieille Chapelle : « Quand on est arrivé ici un matin d’avril 2006, c’est amusant comme on se dit « c’est ici ! » », se souvient Frédéric.

Il faut vivre non pas par le volume mais par la valeur. Et la valeur se crée sur deux plans : la polyactivité et la polyculture.

Frédéric Mallier, Viticulteur, propriétaire du Château de la vieille chapelle

Le Château de la Vieille Chapelle est d’abord une Chapelle Romane du 11e siècle, « C’était l’église du village ». L’édifice a été vandalisé durant la Révolution française puis transformé en hangar agricole : « On y mettait des barriques et des animaux. », raconte Frédéric. La propriété est devenue un domaine viticole de 22 hectares après la Seconde Guerre mondiale, une période de l’histoire qui amorce le début de la mono-agriculture intensive.

Lors de la visite, Frédéric et Fabienne sont séduits par l’environnement autour du domaine, en particulier la proximité avec la Dordogne : « Pour moi, le point essentiel du lieu, c’était l’eau qui apporte un rythme, une respiration et des éléments de vie. », explique le viticulteur. Guidés par leurs convictions, ils engagent la conversion du domaine vers l’agriculture biologique en 2009, puis en Bio-Dynamie en 2015, et installent des chambres d’hôte dans l’ancienne chapelle. Un complément de revenue essentiel pour faire face à la perte de rendement des vignes, mais aussi et surtout une diversification d’activité qui va dans le sens de la vision du couple : « Il faut vivre non pas par le volume mais par la valeur. Et la valeur se crée sur deux plans : la polyactivité et la polyculture« , affirme Frédéric. Une recherche d’un juste équilibre que l’on retrouve aussi dans les vignes.

Réhabiliter des vieux cépages

Au Château de la Vieille Chapelle Les Merlots, Cabernet Francs ou encore Malbecs profitent de sols argilos-limoneux issus des alluvions de la rivière Dordogne. Résolument investis pour atteindre une viticulture toujours plus vertueuse, Fabienne et Frédéric font renaître des cépages anciens et oubliés car comme aime justement le rappeler Frédéric : « Mon boulot, il n’est pas dans le chai, il est dans la vigne ». Ce projet démarre en 2009 lorsque le couple découvre et identifie sur une très vieille parcelle la présence d’un vieux cépage du sud-ouest : le Bouchalès. « Même mon voisin qui à l’époque devait avoir 80 ans n’avait jamais entendu parlé de ce cépage. », raconte-t-il. Pour en avoir le cœur net, les viticulteurs commandent une étude ampélographique sur les 400 pieds de cette petite parcelle de vignes. Résultat : 11 cépages oubliés dont 1 hybride non identifié.

Le rôle du paysan n’est pas d’exploiter la terre, mais plutôt de prendre soin de la terre.

Frédéric Mallier, viticulteur, propriétaire du Château de la vieille chapelle

Depuis 2016, Frédéric travaille sur ce projet ambitieux et original de replantation de ces anciens cépages qu’il a appelé « Les Vignes du Futur » avec comme double objectif de retrouver ces arômes oubliés et aussi de rendre à la vigne un « état d’être », sans greffage. « Le rôle du paysan n’est pas d’exploiter la terre, mais plutôt de prendre soin de la terre. », résume simplement Frédéric avant d’ajouter : « Le raisin n’a besoin de rien pour devenir du vin. »

Les spécificités de ce terroir, alliées à la conduite en Bio-Dynamie du vignoble et à une vinification respectueuse assurent la production de vins francs et authentiques, en rouge, rosé et blanc d’appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Avant de le quitter, Frédéric nous confie un nouveau rêve : « Ce serait une joie de voir mes enfants continuer l’aventure et de prendre autant de plaisir que moi. » Un rêve qui devient progressivement réalité puisque depuis quelques années les enfants de Frédéric et Fabienne apportent leur pierre à ce bel édifice familial, avec audace et engagement dans la lignée de leurs parents.

Pour en savoir plus

En collaboration avec

Pôle Territorial du Grand Libournais

Situé dans le département de la Gironde, à 30 minutes de Bordeaux et au cœur des prestigieux vignobles bordelais, le Grand Libournais saura vous émerveiller par sa diversité paysagère, sa richesse patrimoniale et ses nombreuses activités à découvrir. À consommer sans modération.

https://www.grandlibournais.eu/

Tous les mois, une tranche de terroir et de savoir-faire dans votre boîte mail

Vous êtes plus de 5000 abonné·es !