Sur la route du bonheur

Il y a des lieux faits de rencontres, de découvertes et de saveurs. La Saône-et-Loire, département situé au sud de la Bourgogne, est de ceux-là. Chaque village, chaque château, chaque sentier révèlent l’histoire foisonnante de ce coin de France. Ici, les paysages viticoles de la Côte Chalonnaise et du Mâconnais-Clunisois côtoient les plaines bocagères de la Bresse bourguignonne. Une diversité de terroirs qui éveille les sens et la curiosité. En route vers le bonheur !

Il est midi. Nous arrivons en gare de Mâcon avec l’envie d’en savoir plus sur cette région que nous connaissons peu. Si la Bourgogne du Sud est principalement réputée pour ses vins et sa gastronomie, elle recèle de trésors patrimoniaux et de savoir-faire uniques qui méritent la visite. Dès lors, nous avons découvert un territoire aux multiples facettes, pour le plaisir des yeux et des papilles.

→ Jour 1 – Le Mâconnais-Clunisois, une terre chargée d’histoire

Découverte de la culture viticole à Mâcon

Notre vadrouille débute à Mâcon, porte d’entrée des vignobles du sud de la Bourgogne. Depuis cette année, la ville est l’un des trois lieux d’accueil emblématiques de la Cité des Climats et vins de Bourgogne. Portée par l’ensemble des acteurs de la filière du vin, la Cité à Mâcon se concentre particulièrement sur l’histoire et la présentation du territoire des vins du Mâconnais, de la Côte Chalonnaise et des Côtes du Couchois.

La Cité, dont la silhouette contemporaine est reconnaissable depuis les rives de la Saône grâce à une structure évoquant une vis de pressoir, offre une expérience innovante et immersive autour de la culture viticole. Saviez-vous que les moines ont joué un rôle déterminant dans le développement du vignoble mâconnais ? Ou encore que le cépage blanc Chardonnay représente 80 % des plantations de la région ? Toutes ces informations sont partagées de manière ludique et pédagogique au cours d’une visite qui sollicite nos sens. Après une dégustation de vins d’appellations locales, nous quittons la Cité avec cette envie décuplée d’arpenter les paysages viticoles de la Bourgogne du Sud à la découverte de son patrimoine et de ses savoir-faire.

Tournus, un lieu sacré depuis l’Antiquité

Nous empruntons les routes vallonnées en direction de Tournus. L’itinéraire dévoile un magnifique panorama sur les étendues de vignobles. À notre arrivée, nous ressentons toute la dimension historique de cette ville. Fondée par les Romains au 1er siècle avant J.-C., Tournus a traversé les époques en conservant son caractère authentique. Dans les ruelles pavées de la vieille ville, les façades médiévales côtoient les vestiges romains.

Nous commençons la visite de la cité par l’Hôtel-Dieu, un héritage de l’histoire hospitalière de la région. Fondé au 17e siè­cle grâce au don du Car­di­nal de Bouil­lon, l’Hôtel-Dieu avait vocation à porter assistance aux démunis, un service assuré par des sœurs hospitalières jusqu’en 1982. Le lieu comportait trois salles de soin, deux chapelles, ainsi qu’une apothicairerie. Aujourd’hui transformé en musée, le site restitue à la perfection l’atmosphère d’alors. Les traditionnels lits clos en chêne sont encore alignés avec leur poêle central et les ustensiles d’époque. Nous avons eu un coup de coeur pour l’apothicairerie, l’une des plus anciennes conservées en France, avec ses pots en faïence et son plafond de bois peint, représentant des anges munis de fleurs et de plantes.

Le joyau de Tournus est sans conteste l’abbaye Saint-Philibert, un chef-d’œuvre de l’architecture romane, qui domine majestueusement la ville depuis plus de mille ans. Avec ses voûtes en berceau, ses chapiteaux richement sculptés et son magnifique cloître, l’abbaye Saint-Philibert est l’un des seul monastères romans du 11e siècle préservé en Europe. Elle doit son nom à Saint-Philibert, un moine et abbé franc du 7e siècle, dont les reliques ont été transportées à Tournus pour être conservées en ce lieu. Au fil des siècles, l’abbaye a connu des périodes de prospérité et de déclin. Elle a été un centre de culture et d’érudition au Moyen Âge, abritant une importante bibliothèque et attirant des moines éminents. Mais elle a aussi été marquée par les conflits, comme la guerre de Cent Ans. Les remparts, qui entourent la ville, témoignent des siècles de défense et de lutte qui ont marqué la région.

L’intérêt de Tournus ne se limite pas à son passé religieux. La ville est une destination idéale pour les amateurs de gastronomie. De nombreux restaurants proposent des plats bourguignons traditionnels, accompagnés de vins de renom provenant de vignobles environnants (nous y sommes d’ailleurs retournés pour le déjeuner du lendemain !). Enfin, Tournus est une halte privilégiée pour les plaisanciers qui croisent le long de la Saône.

Les derniers rayons du soleil nous accompagnent jusqu’au village d’Azé où nous passerons la nuit. Nous sommes chaleureusement accueillis par Pierre, le gérant du Logis d’Azé, une chambre d’hôtes de caractère au sein d’un bâtiment du 18e siècle entièrement restauré.

→ Jour 2 – Escapade viticole et découverte de la Côte Chalonnaise

Une randonnée autour de Chardonnay

Après une bonne nuit de sommeil, une nouvelle journée débute sur les terres bourguignonnes. À l’horizon, les premières lueurs du soleil illuminent les coteaux et les innombrables rangs de vignes. Emmanuel Nonain, viticulteur et guide conférencier, et Jacques Chevalier, président de l’association Tournuscimes, nous ont donné rendez-vous à Chardonnay pour une randonnée matinale.

Nous suivons l’un des itinéraires de la Tournuscime, plus importante randonnée de Bourgogne. Chaque année, cet évènement populaire rassemble plus de 4 000 participants le troisième dimanche d’octobre. Que vous soyez marcheur, cavalier ou adepte du VTT, vous trouverez certainement votre bonheur parmi les multiples circuits imaginés et balisés par les équipes de l’association.

Nous marchons le long des parcelles de vignes avec une vue imprenable sur le Mâconnais, royaume du Chardonnay. En prenant de la hauteur, nous voyons à quel point l’histoire et la nature ont dessiné ce terroir parsemé de villages typiques avec leurs maisons vigneronnes à galerie et leurs multiples clochers. Emmanuel nous indique les délimitations géographiques de la région, prise entre deux vallées : celle de la Grosne, à l’ouest, et celle de la Saône, à l’est.

Au sud-ouest de Tournus, les monts du Mâconnais se dressent avec leurs sommets boisés et leurs petites vallées, créant un environnement propice à la culture de la vigne. Plus au sud, les collines laissent place à un paysage majestueux, dominé par d’imposantes formations rocheuses, dont celles de Vergisson et de Solutré.

Après trois heures de marche qui nous ont ouvert l’appétit, nous reprenons la route en direction de Tournus où nous attend un délicieux déjeuner.

De retour à Tournus pour un déjeuner étoilé

Lorsque nous franchissons les portes du restaurant étoilé Aux Terrasses, nous sommes comme envoûtés par l’atmosphère chaleureuse qui y règne. Les pierres apparentes, le mobilier en bois et les larges baies vitrées créent une ambiance intime et accueillante. Ce décor, imaginé par Amandine Carrette, est une mise en bouche de l’expérience gastronomique qui nous attend.

En cuisine, Jean-Michel Carrette et sa brigade célèbrent les saveurs et les produits locaux. Chaque plat est une fusion de créativité et de tradition. Le chef laisse parler son talent, pour sublimer, décliner, conjuguer chaque produit et sans cesse renouveler son vocabulaire gastronomique. Nous avons pu consulter ses précieux carnets griffonnés, découpés, dessinés dans lesquels il puise une partie de son inspiration. L’étoile Michelin obtenue par son père en 1999, n’a pas quitté les lieux depuis la reprise de l’établissement par jean-Michel en 2005, lui qui a su imprimer sa marque tout en restant attaché à cet héritage familial.

En salle, les plats s’enchainent avec harmonie, pour le plaisir des yeux et des papilles. La carte des vins propose une sélection exceptionnelle de vins de Bourgogne, soigneusement assortis avec le menu. Celui-ci est quotidiennement renouvelé mais garde la promesse d’associations de goûts surprenantes, de mariages de textures élaborés, le tout soutenu par une maîtrise des cuissons toujours juste. Une adresse incontournable pour les amateurs de cuisine qui recherchent une expérience authentique et mémorable.

L’art du tapis à Moroges

C’est à Moroges, charmante petite commune nichée au nord du département de la Saône-et-Loire, que se trouve un véritable trésor de savoir-faire artisanal : la Manufacture de tapis de Bourgogne. Depuis plus d’un demi-siècle, la Manufacture est un lieu de création et de conception de tapis d’exception, dédiés aux professionnels. La simple énumération de sa clientèle prestigieuse nous fait tourner la tête : le Plaza, le Ritz, le Meurice, Cartier, Christian Dior ou encore le Palais de l’Elysée.

Tous les tapis incarnent l’essence même du travail manuel. Ils sont fabriqués avec passion par des artisans dont la précision méticuleuse et l’obsession du détail transparaissent dans chaque nœud. Ces virtuoses, formés en interne, interviennent à chaque étape de la création : des dessins sur toiles, en passant par le tissage sur les métiers, mais aussi le peignage, l’encollage comme les finitions (ciselage, épilage, rasage). Au fil du temps, la Manufacture de tapis de Bourgogne a également acquis une expertise dans la fabrication de tapis tuftés à la main (les fils de velours sont piqués à travers un support textile, puis solidement ancrés par une enduction sur l’envers du revêtement).

En visitant la Manufacture de Tapis de Bourgogne, nous plongeons dans un monde de créativité où le passé rencontre le présent pour créer des œuvres d’art textiles incomparables, s’étendant sur plusieurs mètres de long ! Marque de reconnaissance de son savoir-faire artisanal et de son excellence, la Manufacture arbore fièrement le label EPV « Entreprise du Patrimoine Vivant » et accompagne les créateurs du monde entier.

→ Jour 3 – Échappée gourmande en Bresse bourguignonne

Volaille de Bresse AOP à Saint-Usuge

Changement de décor, nous voilà en Bresse bourguignonne ! Situé entre les contreforts du Jura à l’est et les berges de la Saône à l’ouest, la Bresse bourguignonne se distingue par de vastes plaines bocagères avec de nombreuses rivières et étangs. Sur la route nous menant vers La Ferme de Balme, où nous avons passé la nuit, nous avons pu admirer de belles maisons basses à pans de bois et à colombages, caractéristiques de la région.

Ici, les amoureux de la nature et de la bonne chère sont servis. La volaille de Bresse AOP fait notamment la réputation du territoire depuis plusieurs siècles (la légende raconte que le roi Henri IV en raffolait !). Pour connaitre les secrets de la reine des volailles, nous allons à la rencontre d’Anthony Marmeys, éleveur à la GAEC Laurency à Saint-Usuge.

Saviez-vous que la volaille de Bresse est la première volaille a avoir obtenu une AOP (Appellation d’Origine Contrôlée) ? Le label, attribué en 1957, vient protéger des siècles d’histoire et d’engagements des bressans pour les quatre volatiles : le Poulet de Bresse, la Poularde de Bresse, la Dinde de Bresse et le chapon de Bresse.

À la GAEC familiale Laurency, les volailles sont élevées en plein air au sein de la ferme, dans le strict respect du cahier des charges de l’AOP. Les animaux sont nourris avec du blé et du maïs produits sur les terres de l’exploitation et pâturent sur plus de 17 hectares de surface herbeuse. Anthony nous explique les soins attentifs apportés à chaque volaille, de la naissance à l’âge adulte. Tout cela participe au bien-être animal mais aussi à la qualité gustative de la viande.

À l’issue de la visite, nous avons pu déguster un plat préparé avec de la volaille de Bresse AOP au restaurant Ho’Gastronome de l’Hostellerie Bressane à Saint-Germain-du-Bois. Un régal !

Prendre la rivière à Verdun-sur-le-Doubs

Nous avons rendez-vous à Verdun-sur-le-Doubs, dernière étape de notre vadrouille. Située à la confluence de la Saône et du Doubs, la commune est dotée d’un patrimoine naturel et historique exceptionnel. Nous en prendrons toute la mesure lors d’une excursion en bateau avec Matthieu Simon, jeune président de l’association de pêche de Verdun.

En naviguant sur la rivière, Matthieu nous montre les fortifications qui ont subsisté aux querelles de l’époque. Car Verdun-sur-le-Doubs a été le théâtre de nombreuses invasions, et ce dès l’époque gallo-romaine. Mais la ville est aussi le berceau de la « pôchouse », un grand classique de la cuisine bourguignonne composé de quatre poissons d’eau douce, d’une sauce au vin blanc, le tout accompagné de croûtons à l’ail. Une recette dont les origines remontent au 16e siècle, à une époque où les bateliers, radeliers et pêcheurs, appelés « pôchoux » en patois verdunois, cuisinaient ce plat avec les poissons de la Saône et du Doubs. Cette balade en rivière est également l’occasion pour Matthieu de nous rappeler à quel point la préservation des milieux aquatiques est cruciale pour garantir la durabilité de la pêche, qu’elle soit pratiquée par des amateurs ou des professionnels.

Nous quittons la Bourgogne du Sud emplis de souvenirs chaleureux et lumineux. Entre ses vignobles d’exception, ses charmants villages et ses paysages contemplatifs, la région offre une occasion précieuse de se reconnecter avec la nature et la culture. Pour la simplicité d’un instant ou pour un véritable moment de partage, c’est assurément ici que vous trouverez votre bonheur.

Pour en savoir plus

    En collaboration avec

    Saône-et-Loire - Bourgogne du Sud

    Le département de Saône-et-Loire compte 8 575 km2 et se situe à moins de 2 heures de la Capitale par voie ferroviaire. Qu’on y parcoure ses itinéraires pédestres ou cyclables à travers sa campagne généreuse et accueillante, que l’on se laisse subjuguer par ses deux Grands Site de France, qu’on profite de city-breaks dans ses villes riches d’un patrimoine préservé, chacun trouvera le bonheur sur la Route71 en Bourgogne du Sud.

    https://www.destination-saone-et-loire.fr/fr

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