Stéphane

Apiculteur aux 52 bougies – A tout quitté pour répondre à l’appel de la ruche – Niché dans un petit coin d’Ardèche – Vit désormais au rythme des saisons, du miel et de la transhumance de ses essaims entre champs de lavandes et grands châtaigniers.

Stéphane et les abeilles c’est une longue histoire d’amour. De ces histoires surprenantes, celles qui arrivent sans crier gare, s’imposent parfois à nous et dont on ne peut se détourner.

C’est dans un tout autre domaine que Stéphane a commencé sa vie professionnelle. Après des études à l’institut de Géographie alpine de Grenoble, et suite à une maîtrise réalisée au Maroc, l’envie de se lancer dans la vie active est là. Stéphane intègre une grande compagnie pétrolière et se destine à devenir manager de station-service. Un autre monde.

Un monde trop différent. Son envie profonde de liberté, l’appel de valeurs qu’il veut promouvoir et partager et puis ce petit grain d’indépendance qui l’anime stoppent nette cette carrière qui se profilait.

Ce sera les abeilles. Il le sentait. Depuis que son grand-père les lui avait présentées. C’est une histoire de famille, une histoire de sentiments et de belles rencontres. Entre un petit garçon et un monsieur passionné. Entre un petit garçon et des petites ouvrières chevronnées. Et puis aussi une histoire à perpétuer.

Au décès de son grand-père, Stéphane récupère les 3 ruches du vieux monsieur. C’est décidé, elles seront l’essence de son travail. Loin du pétrole et des stations-service cette fois. Et comme les jolis hasards se transforment parfois en petits signes de la vie, Stéphane entend parler d’un apiculteur cherchant un ouvrier saisonnier pour l’aider dans les récoltes de miel et les transhumances. L’occasion est parfaite pour faire ses premiers pas dans la ruche.

Il tirera son miel des abeilles et en fera son métier. Il part dans le sud se former et rejoindre une promotion de 12 autres élèves, eux aussi passionnés de butineuses. Après un an d’études et un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole option apiculture en poche, Stéphane veut mettre la main à la pâte.

Trouver essaim à sa taille

Il existe mille façons de travailler. C’est tout aussi vrai dans l’apiculture. Stéphane commence sa carrière dans le miel en travaillant pour un propriétaire détenant 1500 ruches. Ce n’est pas de l’artisanat, l’exploitation n’a rien de confidentiel et les fleurs ne sont pas si sauvages. Mais l’amour des abeilles est bien là. Et c’est lui qui le motive à retourner en Ardèche pour augmenter son cheptel et construire sa vie autour de ces jolies ouvrières. L’Ardèche et la Drôme deviennent ainsi son aire de jeu.

Il crée alors son entreprise, développe son exploitation et la fait à son image. La ligne directrice sera de garder le miel comme une activité respectueuse, non seulement de la nature qui l’entoure, mais aussi et surtout de celles qui créent le fameux nectar, ses premières collaboratrices. Stéphane ne se reconnait pas dans les productions industrielles, dans le tonnage et les miels d’agriculture intensive. Son fil conducteur sera sauvage, un retour aux sources combinant harmonie avec son environnement, aléas de la météo, transhumances et fleurs locales. Un nectar détonnant et stimulant !

Le travail avec les abeilles est multiple : il est physique, il est affectif et surtout c’est une histoire de passion et de liberté. Et puis c’est aussi un travail de transmission et de sensibilisation que ce soit dans les écoles ou auprès de curieux visiteurs. Stéphane adore parler de son métier et il en parle avec ferveur dans sa boutique mais aussi en faisant visiter ses ruches et en présentant ses abeilles.

Il avoue qu’il doit finalement y avoir une sorte de mimétisme entre elles et lui. Il n’y a pas de hasard, cette liberté commune et aussi cette sensibilité à leur environnement les rapprochent. Il faut dire qu’il les a bien trouvées ses abeilles. A moins d’ailleurs que ce ne soit l’inverse.

Ne pas mettre tout son miel dans le même panier

Pour autant, l’apiculture reste très saisonnière et représente un très gros investissement émotionnel. Entre novembre et début mars, les abeilles dorment et Stéphane stresse. Comment vont-elles ? Comment passent-elles l’hiver ? Comment vont être leurs retrouvailles ? Ces petites bêtes sont sensibles, que ce soit à leur environnement, au réchauffement climatique, aux pesticides ou aux parasites. Tout plein de choses sur lesquelles Stéphane n’a pas la main. 

Il faut alors s’occuper, se changer les idées ne pas y penser tout le temps. C’est aussi l’occasion de varier les plaisirs et les activités. Et alors que le miel ne coule que deux fois par an, lors des récoltes de printemps et d’été, l’hiver est propice au tournage sur bois. Les mois fruitiers quant à eux permettent la cueillette et la fabrication de confitures et de glaces en famille et la période estivale annonce l’ouverture du gite.

Quand le printemps revient, il arrête le tour à bois et part s’occuper de ses reines. Il faut parfois développer des colonies, en regrouper certaines et souvent élever d’autres reines pour que les essaims ne disparaissent pas.  

C’est un métier d’affect et d’aléa. Un métier passion. 

Stéphane aime son boulot et ça se voit. Il ne ferme pas la porte à d’autres activités et se laisse porter par ses envies, comme il l’a toujours fait. Tant qu’il se sent en phase avec son quotidien, il continue, car, comme il aime à se le rappeler « si tu fais de ta passion ton métier, pas un jour tu n’auras à travailler ».

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