L’amour est dans le Trait

Au milieu du vignoble bordelais se trouve une exploitation agricole pas comme les autres : la Ferme des Mauberts. Ici, Caroline Hospital élève des chevaux de Trait Poitevin Mulassier pour produire du lait de jument biologique qu’elle transforme en produits cosmétiques et alimentaires.

Nous poursuivons notre itinérance dans le Grand Libournais et prenons la direction du Pays Foyen. Au milieu des vignobles, une ferme se distingue par la présence de chevaux de Trait : la Ferme des Mauberts. C’est sur cette exploitation en polyculture élevage certifiée biologique que Caroline nous a donné rendez-vous. Depuis plus de 10 ans, elle a mis sa passion pour les équidés au service d’une activité agricole encore atypique : la production de lait de jument.

Préserver le Trait Poitevin Mulassier

Fille de viticulteurs, Caroline s’est naturellement dirigée vers une formation agricole. Lors de ses études en transformation laitière, elle découvre par hasard une production peu connue en France : « Je voulais être éleveuse mais je ne savais pas comment en vivre, j’ai donc cherché à faire autre chose avec ces chevaux et je suis tombée sur le lait de jument. », se souvient-elle. Elle se forme alors auprès d’une exploitation qui produit du lait d’ânesse, avant d’acquérir, avec son compagnon, ses deux premières juments et lancer sa propre activité.

Nous souhaitions participer à la sauvegarde de la race à travers notre projet.

Caroline Hospital, Éleveuse de chevaux

Attaché au terroir et au patrimoine local, le couple choisit de travailler avec le Trait Poitevin Mulassier, un cheval de trait originaire des Marais Poitevins qui fait partie des 9 races de chevaux de trait français : « Nous souhaitions participer à la sauvegarde de la race à travers notre projet. », explique Caroline. Car le Trait Poitevin Mulassier, principalement utilisé pour la « production » de la Mule Poitevine (par croisement avec le Baudet du Poitou), a vu sa population progressivement diminuer suite à l’essor des machines agricoles jusqu’à atteindre, dans les années 1990, un cheptel inférieur à 250 animaux.

Pour sauvegarder la race, une association a vu le jour. Elle a notamment pour rôle d’aider les éleveurs à la reproduction et à la valorisation des animaux. À la Ferme des Mauberts, quatre juments laitières et un étalon pâturent paisiblement aux côtés des poulains et pouliches. Le Trait Poitevin Mulassier est un cheval imposant qui demande de la patience pour offrir ses premières gouttes de lait : « Une jument ne produit du lait qu’à partir de la quatrième année. », rappelle Caroline. À l’image des vaches Salers, la traite nécessite la présence des poulains et pouliches à proximité pour que la jument accepte de donner son lait. Un lait par ailleurs précieux puisqu’une jument produit seulement deux à trois litres de lait par traite. Des conditions auxquelles l’éleveuse s’accommode parfaitement : « Je ne leur demande pas de produire autant qu’une vache, je prends ce qu’elles acceptent de me donner ». Un or blanc, en somme, réputée pour ses qualités nutritives.

Un lait pas comme les autres

La production de lait de jument existe depuis des milliers d’année. Ce sont principalement les peuples des pays de l’Est, qui le consommaient. Il est notamment l’un des ingrédients du koumis, une boisson fermentée dont l’effet revitalisant inspirera la tirade de l’historien grec Hérodote :  « nutrit, roborat, alternat » (il nourrit, il fortifie, il stimule). La réputation du lait de jument gagna peu à peu l’occident, d’abord la Russie, puis l’Allemagne, l’Autriche et enfin la France. Mais il reste encore du chemin a parcourir pour populariser la boisson dans l’hexagone : « C’est un marché de niche pour l’instant, il faut énormément communiquer. », confie Caroline.

C’est un lait qui a de nombreux bienfaits sur les problèmes de peau comme le psoriasis ou l’eczéma.

Caroline Hospital, Éleveuse de chevaux

En plus de son effet fortifiant, le lait de jument est réputé pour être parmi les plus proches du lait maternel. Il a aussi fait ses preuves en utilisation thérapeutique : « C’est un lait qui a de nombreux bienfaits sur les problèmes de peau comme le psoriasis ou l’eczéma. » Avec sa petite entreprise Lait Trait de Caro, Caroline transforme le lait du jument en produits cosmétiques et alimentaires : « Je fais aussi bien des savons que des crêpes ! » Chaque semaine, elle sillonne les marchés et les salons pour faire découvrir ses produits à un public de curieux : « L’accueil y est souvent très favorable, les personnes reviennent. » Et l’éleveuse ne compte pas s’arrêter là, elle souhaite organiser des « goûters à la ferme » pour sensibiliser les enfants à l’agriculture et à l’environnement. Un nouveau cheval de bataille qui ne demande qu’à voir le jour.

Pour en savoir plus

En collaboration avec

Pôle Territorial du Grand Libournais

Situé dans le département de la Gironde, à 30 minutes de Bordeaux et au cœur des prestigieux vignobles bordelais, le Grand Libournais saura vous émerveiller par sa diversité paysagère, sa richesse patrimoniale et ses nombreuses activités à découvrir. À consommer sans modération.

https://www.grandlibournais.eu/

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