Farz pitilig et sa confiture de lait

Si le 6 janvier, l’Epiphanie érige aujourd’hui la fameuse galette des Rois en incontournable délice sucré de chaque début d’année, la Chandeleur la suit de près le 2 février, avec pour reine, cette fois-ci : sa majesté la crêpe. Bretonne de coeur et férue de découvertes culinaires en tout genre, je vous propose à cette occasion de vous faire découvrir une recette de crêpes… qui n’en est pas vraiment une. Pour ce faire, je vous embarque avec moi pour une vadrouille à l’Ouest toute : direction le Finistère nord, à la découverte du farz pitilig !

Le farz pitilig, traduction bretonne de « far à la poêle », est l’une des dizaines de déclinaisons différentes du far breton. Mais le far breton, ce n’est pas de la crêpe, me direz-vous ! Rassurez-vous, comme son nom ne l’indique pas, le farz pitilig se rapproche davantage de la crêpe que du far breton. Visuellement parlant, on pourrait le comparer à une crêpe très épaisse, parée de ses plus jolies aspérités. Côté composition, les deux recettes sont en réalité de véritables cousines germaines (tout comme le far breton, d’ailleurs). On retrouve ainsi, dans le farz pitilig comme dans les crêpes : des oeufs, du lait, de la farine, une pincée de sel, un peu de sucre pour ceux qui veulent – et surtout, on ne lésine pas sur la dose de beurre salé pour la cuisson.

Mais alors, qu’est-ce qui différencie vraiment le farz pitilig qui nous occupe ici, de la bonne vieille crêpe ? D’un côté la quantité de pâte que l’on met dans la poêle. De l’autre, la manière de les cuire. Pour réaliser ce fameux farz pitilig, il s’agit de verser, non pas une louche, mais au moins deux ou trois dans une poêle de taille moyenne à bords hauts, puis, de venir, telle une omelette, remuer la pâte à l’aide d’une spatule pour venir « casser » le farz, créer du volume et ainsi permettre à toute la pâte de bien cuire. L’idée étant d’obtenir, in fine, une sorte de crêpe bien épaisse et surtout pas toute lisse – de manière à ce que la garniture se glisse allègrement dans tous les recoins du farz pitilig – bon, ça, c’est mon explication personnelle.

Enfin, autre avantage et non des moindres, le farz pitilig est si généreux qu’il peut aisément être coupé en parts et ainsi se partager autour de la table. Ainsi, finis les allers-retours incessants auprès de la poêle pour enchainer crêpe sur crêpe ! Enfin, si vous aimez les crêpes, le sarrasin et le caramel, la probabilité pour que vous engloutissiez tout entier le farz pitilig que je vous propose ci-dessous reste néanmoins assez élevée… Car oui, côté garniture, le farz pitilig se déguste traditionnellement avec une bonne sauce au caramel au beurre salé. Pour ma part, je vous propose de jouer la carte de la Bretagne jusqu’au bout, et d’agrémenter votre farz pitilig d’une confiture de lait au kasha (sarrasin grillé).

Farz pitilig et sa confiture de lait au kasha

  • Pour 4 à 6 personnes
  • Préparation : 20 min.
  • Cuisson : 2h30 + 10 min.

Pour la pâte

  • 250g farine
  • 2 c.à.s sucre
  • 3 œufs
  • Environ 400ml lait entier
  • 1 pincée de sel
  • Beurre demi-sel

Pour la confiture de lait au kasha

  • 500ml de lait entier
  • 250g de sucre
  • 50g de kasha
  1. Dans un saladier, mélangez la farine avec le sucre et la pincée de sel, formez un puits puis ajoutez les 3 œufs.
  2. Commencez à mélanger délicatement à l’aide d’une spatule en bois, puis ajoutez ensuite le lait entier petit à petit, en battant vigoureusement la pâte, jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène, légèrement plus onctueuse et épaisse qu’une pâte à crêpes classique.
  3. Couvrez le saladier d’un torchon propre, et laissez reposer 1h à température ambiante.
  4. Faites chauffer une poêle à bords haut d’environ 20cm de diamètre, et faites-y caraméliser une belle noix de beurre demi-sel.
  5. Versez dans la poêle au moins deux ou trois louches de pâte de manière à obtenir un farz pitilig d’environ 0,5cm à 1cm d’épaisseur.
  6. Laissez cuire quelques secondes, puis à l’aide d’une spatule, remuez la pâte comme vous le feriez pour une omelette, tout en inclinant la poêle pour que la pâte encore liquide s’écoule sur la poêle et cuise à son tour.
  7. Une fois le dessous cuit, retournez délicatement le farz pitilig sur une assiette, puis remettez-le dans la poêle pour cuire l’autre face (ou retournez-le simplement à l’aide d’une spatule).

Confiture de lait au kasha

  1. Portez à ébullition le lait et le kasha dans une casserole, puis laissez le mélange infuser pendant 10 minutes hors du feu.
  2. Filtrez ensuite le mélange dans une passoire. Récupérez le lait et reversez-le dans la casserole précédemment utilisée.
  3. Ajoutez le sucre et mélangez à l’aide d’une spatule. Portez le mélange à ébullition, puis baissez le feu. Laissez cuire ainsi pendant environ 2 heures, en surveillant régulièrement la casserole et en mélangeant de temps en temps.
  4. Vers la fin de la cuisson, veillez à ce que le mélange ne prenne pas au fond de la casserole. La confiture de lait va s’épaissir peu à peu. Elle est prête quand sa texture est proche de celle d’une crème pâtissière.
  5. Versez la confiture de lait dans un bocal et laissez-la refroidir à température ambiante. Elle se conserve au réfrigérateur pendant 1 mois (si vous arrivez à tenir jusque là…)

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