François

Paludier – Installé depuis quatre ans au cœur des marais salants de Guérande – Un quotidien rythmé par la météo, l’effort physique et les levers et couchers du soleil.

Il est 9h du matin. J’arrive au point de rendez-vous: Saillé ! Sur le GPS ma voiture oscille entre terre et mer, pas de doute je suis bien arrivée dans les marais salants. Le soleil peine à montrer le bout de son nez et je me dit que des gants n’auraient pas été de trop. J’ai grandi à 35 minutes d’ici sans jamais mettre les pieds dans ce village pittoresque aux rues étroites et aux charmantes maisons en pierre. Je retrouve François, Alexia et leurs enfants dans leur chaleureuse demeure.

C’est en 2015 que le couple s’est installé à Saillé dans le village d’enfance d’Alexia, au cœur des marais salants de Guérande. François est alors « nomade » du nucléaire. La naissance de son premier enfant fait office de déclic. Il décide de quitter son travail pour se lancer dans une nouvelle aventure : devenir producteur de sel à Guérande. Il se forme au métier de paludier et passe un diplôme, unique en France, au sein du centre de formation de la Turballe. Pour sa première saison, il en retiendra «  un plaisir intense de la récolte à la découverte de ce travail rythmé par la météo, les levers, les couchers de soleil et l’effort physique. »

Paludier indépendant, François commercialise son sel en partie en vente directe. Il découvre ainsi le plaisir de valoriser ses produits: gros sel, fleur de sel, salicorne. La vente directe est aussi l’occasion de faire des rencontres dans un métier souvent solitaire.

Au printemps, j’habille les salines en enlevant les sédiments sur les fonds d’argile. Je leur refait une beauté !

François, Paludier

Le métier de paludier est l’une des rares professions agricoles qui utilise une technique exempte de mécanisation et d’apport de produits chimiques. C’est aussi un travail qui s’échelonne sur toute une année. Si le sel est récolté l’été c’est grâce au travail effectué en hiver et au printemps dans les salines. Début mars, il faut vider les salines et les bassins de l’eau de pluie accumulée, puis évacuer la vase et les algues de chaque bassin tout en reconstituant les digues d’argile (ponts) qui constituent le circuit hydraulique de la saline: « Au printemps, j’habille les salines en enlevant les sédiments sur les fonds d’argile. Je leur refait une beauté ! », explique François.

L’été est consacré à la récolte du sel. Elle peut débuter aux mois de mai et de juin et se poursuivre jusqu’aux mois de septembre et d’octobre. C’est le moment clé de l’année où il faut être particulièrement attentif à la météo, aux vents, aux lunes et aux marrées. C’est souvent l’image que nous avons du paludier avec en arrière plan les montagnes de sel. Une fois le sel mis à l’abri pour l’hiver, le rythme de travail ralentit jusqu’à mi-novembre. Une période de repos qui peut cependant être interrompue en cas de grande marée pour protéger les salines: « Je suis heureux d’être autonome et de travailler au rythme des saisons. L’automne et l’hiver, je troque le short et les tongs pour les bottes et le ciré pour optimiser les salines ! Un « travail de fourmis » réalisé en façonnant l’argile à la boyette [nom traditionnel donné à la pelle]. », raconte François, le sourire aux lèvres.

Quatre ans plus tard, je ne regrette pas mon changement de vie.

FranÇois, Paludier

Un métier parfois fatiguant mais qui enchante désormais le quotidien de François: « Quatre ans plus tard, je ne regrette pas mon changement de vie, notre famille s’est agrandie et je fais désormais un métier prenant mais surtout vivant, concret et passionnant à deux pas de la maison, au sein d’un territoire magnifique ! », conclut-il. Alors si l’envie vous prend de venir découvrir la presqu’île de Guérande cet été, François sera ravi de mettre un grain de sel dans vos vies !

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